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" Je crois que quelque part nous attend un lieu, même petit, même lointain, en adéquation avec cette combinaison de molécules et de conscience dont nous sommes faits et qui justifie, si on a le bonheur d'y parvenir, que l'on constate comme une évidence " c'est ici que doit s'accomplir mon destin".( Armelle Guilcher, Pour l'amour d'une île)

                      

                            Du plus loin que je me souvienne, une île a toujours marqué mon esprit, mes souvenirs et mes bonheurs de vivre, comme une empreinte indélébile qui façonne le temps et mon équilibre. Pourtant je n'y suis pas née, ni sur une île bretonne, ni sur une île lointaine, j'ai simplement pu regarder l'horizon et l'océan. L'île n'a été accessible qu'une infime partie de ma vie. Les îles sont pour moi comme autant de parenthèses merveilleuses, peuplées d'images à l'infini et de splendides paysages symbolisant la beauté du monde.  Mes ressources pour aimer la terre, les êtres vivants,  les gens, l'action, le voyage, l'art, la créativité... en un mot le sens de la vie.

l'île est multiple. Celle-ci ou une bien autre, grande, longue ou petit îlot, archipel ou solitaire, plate ou haute par ses falaise, accessible en bateau au gré des flots ou à pieds par marée basse, le long d'une route submersible ou grâce à un pont. Chaque île tisse une histoire, chacune au fil de l'eau chante un air de mémoire. Quand je ferme les yeux, je peux à l'infini revivre ce qu'elle raconte, rien qu'à travers les courants marins, les traversées périlleuses, mes regards vers l'horizon, les parfums, les maisons secrêtes, les villages cachés, les dunes, les plages, les grèves, les chemins, les petits coins secrets...

 

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                                 Ecrire sur les îles et retrouver toutes ces images qui inventent la vie me semble donc une évidence face à la noirceaur qui nous arrive par la télévision, les médias en tout genre,  face à tout le pessimisme ambiant qu'il soit familial, professionel, climatique, politique, économique, touristique et j'en passe... L'île est un refuge, un petit monde à part, une manière de faire un breack, de respirer une réalité  joyeuse, de croire, de créer, de faire des plans sur la comète, d'écrire, de peindre, de rêver.

L'île ouvre les horizons, offre ce dont le continent est souvent dépourvu, y compris de petites choses qui semblent insignifiantes, capables de créer le sillon lumineux propre à combler nos failles. J'ai vu sur les îles des plages différentes, des sables rouges parsemées de cristaux, la fleur  unique comme celle que l'on trouve sur la planète du petit prince,  des refuges où les oiseaux sont rois, des phares près desquels viennent chanter les baleines,  des grèves où les sirènes viennent sécher leurs larmes, des couchers de soleil qui vous emmènent au confin d'une autre sphère, des maisons dont on entend le coeur qui bat bien que l'histoire semble s'y être arrêtée. Il semble parfois que sur une île tout est possible, les plus grandes créations, les plus belles histoires d'amour, les saisons les plus subtiles, les plus belles oeuvres d'art, et que tout s'inscrit dans la pierre et la lumière pour ne jamais disparaître.

Pourtant l'île est un territoire qui peut enfermer, isoler, rendre prisonnier, qui peut limiter l'être humain dans ses opportunités. Le pire comme le meilleur est possible sur une île et c'est ce double aperçu qui la rend  si particulière.

Corse sept 2015 262

                                                                 

 photo 1 et 2: île de Ré

photo 3: Bonnifacio, Corse